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mardi 7 avril 2009

L'Affaire Madoff et le MDM

Quelles leçons peut-on tirer de l'affaire Madoff ?

Alors que Bernard Madoff attend sa sentence dans sa confortable cellule de prison, l'éditeur DataQualityFirst illustre les bienfaits de l'approche MDM en analysant les données comptes et clients (titulaires de comptes et leurs adresses) de Bernard L. Madoff Investment Securities LLC à l'aide de sa solution PartyQualityInsight, dopée par l'outil DQM d'IBM: QualityStage (l'étude de cas téléchargeable).

L'illustration s'avère plutôt parlante, puisque l'analyse révèle des données éparses (réparties dans plusieurs systèmes type ERP et DataWarehouses) et souffrant de problèmes de qualité (redondances de données en particulier) - c'est à dire à peu près la même situation que celle l'on retrouve encore dans de très nombreux SI.

Et en analysant qui sont les victimes de ce stratagème pyramidal, on découvre que cette mauvaise qualité de données a probablement contribué à Madoff lui même. Pour preuves: sur plus de 23.076 comptes clients (personnes morales et physiques), seuls 13.561 se sont avérés être des clients uniques et parmi lesquels 41 contiennent les mots "Bernard" ou "Madoff". Combien Madoff en a-t'il créé par lui même ? Quels sont ceux rattachés à ses propres comptes ? Combien de fausses adresses et de relations a-t'il également créé pour faire fructifier son stratagème ?

Et cet exercice pousse plus loin la réflexion: Et chez vous ? Qui dans votre entreprise est responsable des données Client ? Qui est en charge de leur création, et garant de leur validité ? Qui est responsable de la gestion des règles métiers en charge de contrôler ces données ? Quelle stratégie de gouvernance de données avez-vous mis en place pour vous protéger de tels abus ?

L'exercice est plutôt bien mené par l'éditeur, et placé dans un contexte pour le moins parlant. Un article à lire, donc.

Sources:

mercredi 8 octobre 2008

Adoption de la gouvernance des données et "MDM Landscape"

Enquête sur l'adoption de la gouvernance des données
The Information Difference publie aujourd'hui un rapport sur l'adoption de la gouvernance des données, une enquête menée sur plus de 230 sociétés (dont 60% avec un budget de plus de 1Md$) qui met en avant différentes tendances :
  • L'intérêt significatif concernant la gouvernance des données (36% des entreprises sondées ont déjà implémenté une politique de gouvernance, 30% étant en phase de projets pilotes)
  • La prise de conscience du fait que la gouvernance sort du simple cadre des données Client et Produit (67% des sondés)
  • La prise de conscience de la nécessité d'une organisation adaptée (31% des sondés possèdent un comité dédié à la gouvernance, incluant les responsables métiers, IT, architectes de données, et analystes métiers)
  • La méconnaissance des conséquences - fautes de chiffres - de la mauvaise qualité de données dans l'activité de leur entreprise,
  • La méconnaissance des enjeux de la mise en oeuvre d'une gestion de la qualité des données (désintérêt pour le pilotage et la mesure de la qualité des données, pourtant un pilier de la gouvernance des données)
  • La méconnaissance de l'importance et des enjeux de la gouvernance des données : 41% des entreprises sondées n'ont pas les idées claires sur qui, du métier ou de l'IT, doit assumer le leadership des initiatives de gouvernance des données.
  • Le succès relatif des initiatives mises en place... : 43% des organisations interrogées s'estiment "raisonnablement satisfaites" de leurs programmes de gouvernance des données, 38% restent "neutres" sur le sujet et seules 5% s'estiment "très satisfaites".
  • le taux encore faible des projets de MDM mis en place : 21% des entreprises sondées ont lancé des initiatives de MDM ou de DQM (ou les deux), et 44% l'envisagent prochainement.
Le cabinet conseille néanmoins aux entreprises désireuses d'activer leurs initiatives de gouvernance de données d'aller chercher l'aide des intégrateurs de systèmes, des éditeurs et de consultants.
Selon le rapport, le sujet de la gouvernance des données reste un sujet plus en avance en Europe qu'en Amérique du Nord, où du coup les vendeurs de solutions y voient une opportunité.

MDM Landscape
Plutôt actif sur la Toile, le cabinet d'analyse The Information Difference (dirigé Andy Hayle, fondateur de l'éditeur Kalido) en profite pour publier un quadrant magique, une vague, un paysage des solutions MDM (MDM Lanscape).

Cocorico!, les solutions des éditeurs français Orchestra Networks et Amalto apparaissent sur ce paysage de solutions (bien que cités dans tous les rapports pour le caractère innovant des solutions qu'ils proposent, les éditeurs hexagonaux étaient souvent pénalisés du fait de leur manque de visibilité à l'international, et en particulier sur le marché... US; mais les choses tendent à changer).


Liens :

mercredi 23 avril 2008

Gouvernance de données et Secteur public

L'innovation est au coeur du secteur public, à tel point que le privé a même tendance à s'inspirer de ce qu'il s'y fait. Mais à l'heure où les administrations publiques doivent rendre des comptes sur leurs résultats et leurs performances, et améliorer leurs processus, les remaniements ministériels et la multiplication des acteurs spécialisée les poussent à repenser leurs pratiques.

Dans cette vidéo, Franck Régnier et Thomas Laborey (Logica Management Consulting) nous expliquent que les administrations sont à la recherche d'un langage commun, leur permettant de fluidifier leurs échanges, au sein de l'administration mais également entre les différentes administrations. L'objectif d'un langage commun est également de faciliter l'interopérabilité des systèmes.



Petite piqure de rappel pour ceux qui n'auraient toujours pas bien saisi ce qu'était le Master Data Management :

Le MDM, ou gestion des données de référence, regroupe les activités liées aux dimensions que sont l'organisation, la méthodologie et l'outillage en vue d'établir une bonne gestion des données, et en priorité des données de référence. L'objectif est d'améliorer la qualité des données, et de rendre disponibles ces données le plus facilement possibles aux processus, de manière à améliorer la performance de l'organisation. En ce sens, le MDM participe à la rationalisation des actifs métiers de l'entreprise, en ouvrant la voie vers une gestion optimisée de l'information.


La mise en place d'un langage commun est cependant un travail de longue haleine.
Les intervenants nous rappellent que l'un des facteurs importants de la construction de ce langage commun est représenté par les individus de l'organisation, qui possèdent une partie du savoir métier dans leur tête (pratiques, historique, règles métier), représentant un risque pour l'organisation lors de départs en retraite.

Pour construire ce langage commun, il faut donc tout d'abord formaliser ces savoirs métiers informels, ce qui implique de :
- Piloter et gouverner
- Formaliser les processus métiers,
- Identifier les acteurs clés de ces processus métiers, et documenter leur rôle et leur savoir, et communiquer ces résultats,
- Architecturer les données de manière formelle,
- Structurer les relations avec utilisateurs de ces données (partenaires externes),
- Communiquer aux utilisateurs le plan d'action et l'avancement.

L'adoption d'une gouvernance des données, sur la base des 3 dimensions du Master Data Management, devient alors nécessaire :

Dimension Organisation
L'organisation doit se doter d'une véritable Fonction de gestion des données, par la mise en place d'une structure de décision transverse et dédiée, au même titre que le sont les fonctions RH ou compatibilité/trésorerie.

Dimension Méthode
La structure de décision doit adopter un management par la mesure :
- Fixer des objectifs et les paliers pour les atteindre, et cadencer l'avancement
- Mesurer l'atteinte de ces objectifs par la dotation d'outils de pilotage, permettant une maîtrise de la performance.

Dimension Outils
Les outils permettent d'éviter tout glissement sur la signification d'un objet, car celui-ci peut être vu différemment selon le métier ou la personne qui le regarde.

Pour celà, il faut consolider la norme d'expression du langage commun, ce qui se traduit par :
- la formalisation sémantique des objets,
- la formalisation dans un format technique pour les insérer dans une solution MDM.

Ces solutions doivent être nécessairement orientées métier, puisque comme le souligne F.Régnier, les "objets manipulés ont pour seul objectif la mise à disposition une information fiable à destination des processus métiers".

Voir la vidéo sur YourPotential.tv.